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MALI: BAMAKO : POURQUOI LA POLLUTION DE L’AIR S’AGGRAVE ?LE NOMBRE IMPORTANT DES DEUX ROUES, L’ÂGE AVANCÉ DE LA MAJORITÉ DES VÉHICULES À QUATRE ROUES ET L’ACCROISSEMENT DE LA POPULATION FIGURENT AU DEVANT DES FACTEURS INCRIMINÉS
   
Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Tiémoko Sangaré, a présidé jeudi à l’hôtel Nord-Sud les travaux d’un atelier de restitution des résultats d’une étude consacrée à la qualité de l’air à Bamako. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de représentants de la Banque mondiale dans notre pays, des services techniques, des municipalités ainsi que des associations. L’étude sur la qualité de l’air à Bamako a été conduite par le ministère de l’Environnement et de l’Assainissement grâce à un financement des fonds fiduciaires de l’Office de coopération EuropeAid de la Commission européenne et de la coopération belge placée auprès de la Banque mondiale Gérée par le programme "Clean air initiative", elle a été réalisée de septembre 2009 à janvier 2010. Pour ce travail, les concepteurs ont examiné la situation actuelle de la qualité de l’air et des émissions à Bamako. L’étude a porté ainsi sur la réglementation actuelle, la critique des données de qualité de l’air existantes, la météorologie et son impact sur la qualité de l’air, le bilan énergétique du pays et son application à Bamako, le parc automobile et sa consommation de carburant, la situation de la voirie urbaine et l’analyse des émissions autres que celles du trafic automobile. L’étude a permis de faire le diagnostic de la pollution actuelle de Bamako. C’est une pollution essentiellement due au trafic automobile (y compris les deux roues), soit par les émissions directes venant des moteurs à combustion, soit par la mise en suspension de particules provoquées par la circulation sur des voies poussiéreuses et la pollution venant des foyers domestiques utilisant du bois. Globalement, la pollution par le dioxyde de soufre reste très faible en raison de l’absence d’une activité industrielle soutenue. La pollution par les oxydes d’azote se situe à des niveaux moyens assez éloignés des normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La croissance du parc automobile devrait rendre cette pollution préoccupante dans les années à venir. La pollution par les composés organiques volatils et en particulier le benzène est, par contre, préoccupante. Cette pollution est en grande partie imputable aux motos à moteurs à deux temps. Le benzène est cancérigène et selon les résultats des études scientifiques réalisées sur ce thème, le benzène provoque un excès de risque collectif d’environ 249 cancers par an à Bamako. Sans plan d’action scientifique, cet excès pourrait monter à 686 cancers en 2020. Les poussières émises constituent la pollution principale de la ville. La concentration moyenne annuelle en particule PM10 a été estimée à 333 ug/m3, avec des pointes journalières dépassant 600 ug/m3, alors que la recommandation journalière de l’OMS est de 50 ug/m3 à ne pas dépasser plus de 3 jours. Cette pollution, selon les résultats de l’étude, est responsable de nombreuses maladies respiratoires.

UN PLAN D’ACTIONS. En appliquant les formules de l’OMS, on estime que l’augmentation de la mortalité à Bamako due aux poussières est comprise entre 19 et 27 % avec une augmentation de consultations médicales ou hospitalisation d’environ 37 000 personnes par an sur un total de maladies respiratoires déclarées de 133.000 cas. L’analyse de l’évaluation des émissions et leur impact sanitaire aux horizon 2015 et 2020 montre que la pollution par les poussières deviendra intolérable si rien n’est fait d’ici là. De même la pollution par les COV deviendra très préoccupante. Le scénario "au fil de l’eau", c’est-à-dire sans action particulière, fait passer en 2020 le nombre de cancers lié au benzène à 686 cas par an, et l’augmentation de la mortalité due aux poussières à un chiffre compris entre 24 et 34 % de la population soit environ 18 652 morts prématurées, avec des maladies infectieuses respiratoires imputables aux particules en suspension passant à 49 000 cas. Pour limiter la pollution et ses impacts sanitaires, l’étude propose un plan d’actions. La première série d’actions concerne les carburants. La deuxième est liée à la première car, elle concerne les véhicules. La dernière série touche à la gestion urbaine. Ainsi, à l’horizon 2020, le plan d’actions permettrait de réduire les émissions de CO2 de 54%, les émissions de PM10 de 49 %, celles de COV de 46 % par rapport à ce qu’elles seraient sans plan d’actions et les émissions de NOX de 28 %. Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Tiémoko Sangaré, confirme que la qualité de l’air dans nos villes devient de plus en plus préoccupante et exige de prendre des mesures adéquates pour sa gestion. Notre pays à l’instar de la communauté internationale a, par conséquent, consenti beaucoup d’efforts pour lutter contre la pollution en général et celle atmosphérique en particulier. Ces efforts sont concrétisés par la signature et la ratification de conventions, accords et traités internationaux relatifs à la pollution atmosphérique. Les principaux facteurs d’aggravation de la pollution sont, entre autres, selon Tiemoko Sangaré, le nombre important d’engins motorisés à deux roues qui constituent de nos jours le mode de transport le plus sollicité, l’âge avancé de la majorité des véhicules motorisés à quatre roues, l’augmentation rapide de l’usage de véhicules d’occasion. À ces facteurs, s’ajoute l’augmentation de la population qui a un lien direct avec celles des moyens de déplacement et un service adéquat de transport urbain en commun quasi-inexistant. Le ministre souhaite que les résultats de cette étude sur la gestion de la qualité de l’air à Bamako et le plan d’action qui découlera de l’atelier, aideront de manière significative son département dans l’élaboration d’une politique nationale de contrôle des pollutions et des nuisances ainsi que de normes maliennes en matière de rejet de polluants atmosphériques. Le responsable du département de l’environnement et de l'assainissement a assuré que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour rendre opérationnelles les stratégies qui seront dégagées pour atteindre les objectifs arrêtés par la présente étude.
 
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